Les bienfaits de la coopération, ou comment combiner efficacement différents métiers pour engager le public d’une institution culturelle


Autrice : Ewa Grynicka, Fondation ARTeria

Dans le cadre du projet REACT, nous avons souvent évoqué la valeur de la coopération entre de nombreuses personnes issues de domaines de connaissances variés. Nous avons souligné que la qualité et l’accessibilité des institutions culturelles résultent du travail de professionnels de musée, de spécialistes en informatique, en promotion, de travailleurs sociaux, ainsi que d’employés des administrations locales et nationales. J’aimerais souligner un autre aspect important et une autre fonction professionnelle essentielle qui apportent des bénéfices à l’offre des musées. Il s’agit de l’emploi permanent ou temporaire de personnes issues du domaine de la psychologie : thérapeutes, psychothérapeutes, psychologues, psycho-oncologues. Je vous en parle pour une raison précise. Cette conviction est née de mon expérience personnelle.

Il y a quelque temps, j’ai eu l’occasion d’assister à une conférence donnée par une psychothérapeute dans l’un des musées polonais, la galerie d’art Tichauer, consacrée à la vie et à l’œuvre de Pablo Picasso. L’intervenante était accompagnée de la commissaire de l’exposition, diplômée de l’Académie des Beaux-Arts. Toutes deux ont su créer une atmosphère inoubliable autour des tableaux de Picasso, interprétés dans le contexte de sa vie sous un angle thérapeutique. La connaissance de la biographie du peintre, la maîtrise des techniques artistiques qu’il utilisait et la compréhension de la symbolique de ses œuvres, enrichies par un savoir psychologique, ont suscité des réactions inattendues et un grand intérêt du public.

Je tiens à préciser ici que les grandes qualités de l’intervenante ont permis une analyse objective de la vie de Picasso, malgré le fait que l’on entende souvent parler de son caractère destructeur et de son attitude négative envers les femmes. De plus, la connaissance de certains faits de la vie du peintre, mise en perspective avec les conséquences d’expériences vécues durant l’enfance – connues du psychologue –, a permis d’éclairer les raisons de certains comportements de Picasso à l’âge adulte. Contempler les œuvres de cet artiste représentant des femmes ou inspirées par ses relations amoureuses, en les reliant à son histoire de vie et à une analyse psychologique spécialisée, m’a ouvert une toute nouvelle manière de ressentir l’art.

Pourquoi de telles rencontres peuvent-elles démontrer l’accessibilité et l’inclusivité des institutions culturelles ? Premièrement, leurs organisateurs font preuve d’une grande conscience du fait que le monde d’aujourd’hui ne se contente plus d’un simple guide pour commenter une exposition. Deuxièmement, les personnes souffrant de troubles psychiques peuvent tirer profit de ce type de conférences et comprendre que même des figures célèbres ont rencontré des difficultés en matière de santé mentale. Troisièmement, une approche multicontestuelle d’une œuvre d’art élargit les horizons et peut enrichir l’expérience artistique de toute personne qui en ressent le besoin, sans se limiter à une interprétation académique.

Enfin, je tiens à ajouter que cette visite au musée m’a poussée à chercher d’autres informations sur Picasso, sa vie et son œuvre, et m’a encore davantage ouverte à une lecture plurielle de l’art à travers le regard croisé d’experts issus de divers domaines.

L’audiodescription comme aide aux visiteurs malvoyants : comment rendre l’art accessible ?

Celui qui pose des questions ne perd pas son chemin