AniMuz : Le dernier programme de médiation numérique au Palais de la Culture à Iași

par Coralia Costaș

Le 17 décembre 2025, « Moldova » National Museum Complex of Iași, Romania, a lancé un nouveau programme de médiation numérique destiné à rapprocher l’art et la culture des visiteurs nés à l’ère du numérique.

Ayant été créé pour les expositions du musée d’art, et plus précisément pour certaines œuvres présentées dans la galerie d’art européen et dans la récente galerie d’art roumaine, le concept visait à donner vie à des scènes représentées dans les peintures. Ce concept a également été choisi pour intégrer des expositions provenant d’autres musées du Museum Complex, et il a été utilisé avec des éléments clés de l’architecture de l’édifice.

Ainsi, l’un des motifs du bestiaire composant la rosace décorative du sol a également été choisi comme moyen de mettre en valeur cette remarquable caractéristique architecturale, unique en Roumanie, et inspirée de l’abbaye française de Saint-Pierre-sur-Dives. De plus, l’aigle, qui est l’un des éléments héraldiques les plus représentatifs que l’on peut trouver à la fois dans les décorations intérieures et extérieures, fait partie des éléments architecturaux qui s’animent, volant de l’escalier vers la coupole en verre du bâtiment. C’est une des scènes historiques des vitraux de l’escalier qui offre ensuite aux visiteurs la possibilité de voir comment les personnages peints auraient agi à cette époque. Dans la salle « Henri Coandă », l’un des anges gardant les Tables de la Loi se déplace artistiquement dans l’air pour finalement se poser sur le sol. Dans la salle des Voïvodes, trois des portraits peints dans les médaillons de la partie supérieure de la pièce s’animent dans une séquence mettant en scène les souverains les plus importants dans la formation du peuple roumain tel qu’on le connait aujourd’hui : Decebal, roi des Daces, Trajan, l’empereur romain qui a conquis la Dacie en 105-106, et Aurélien, l’empereur romain sous le règne duquel les Romains sont retournés au sud du Danube.

De plus, la défense du seul mammuthus trogontherii découvert sur le territoire roumain, exposée dans la salle d’honneur au rez-de-chaussée du Palais depuis le 25 octobre 2025, est animée numériquement afin d’aider le public à visualiser l’animal préhistorique, et plus encore, à le voir se déplacer à l’intérieur de l’édifice.

À l’intérieur du Musée d’histoire de la Moldavie, la sélection comprenait la « Salle Ion D. Berindei » qui expose les éléments de mobilier d’origine de l’ancienne Haute Cour de Justice, en activité dans le bâtiment depuis son inauguration en 1925 jusqu’en 1955, date à laquelle l’édifice a été attribué aux musées. Ici aussi, des objets statiques tels que les robes de magistrats, la machine à écrire, la table et les chaises, deviennent partie intégrante du scénario illustrant le déroulement de telles affaires judiciaires il y a environ un siècle. Une armure médiévale, une boîte de voyage du XIXe siècle pour les hauts officiers de l’armée s’animent à leur tour pour offrir aux visiteurs intéressés une manière ludique de découvrir les objets exposés.

« Ștefan Procopiu » Le Musée des sciences et techniques propose également une série d’expositions animées tout au long du parcours muséal : trois orchestrions, uniques en Roumanie, mais aussi un violon électromagnétique inventé par l’ingénieur Gabriel Dimitriu en 1929 alors qu’il étudiait à Paris.

Le musée d’art propose une gamme plus large d’expositions animées. Les deux galeries d’Art Européen et d’Art Roumain proposent toutes deux des descriptions détaillées fournissant aux visiteurs des informations sur l’artiste et/ou l’œuvre. Toutefois, si l’on exclut le cas où la visite est guidée par un spécialiste du musée, les jeunes visiteurs ont tendance à passer assez rapidement à travers les salles d’exposition. C’est face à ce constat qu’est née l’idée d’associer des QR codes à certaines œuvres, afin d’inviter les visiteurs à découvrir les expositions au moyen de contenus animés. Le plus spectaculaire est probablement « La Fille au papillon », de Gheorghe Panaiteanu Bardasare. Le personnage féminin sort du tableau, entre dans un paysage à la végétation exotique puis atteint la salle des voïvodes où elle danse très gracieusement.

Ce programme a été très bien accueilli par le public, en particulier les jeunes nés à l’ère du numérique, mais pas seulement, car les QR codes encouragent le visiteur de manière très simple et non intrusive à interagir avec ce que le musée propose. Le contenu animé généré par l’IA est aussi une manière divertissante d’associer patrimoine et contemporanéité. De plus, dans l’imaginaire collectif, non seulement le patrimoine n’est plus statique, mais il n’est plus non plus coincé dans un passé proche ou lointain. Sans être une solution générale, le programme AniMuz est une tentative de mettre au premier plan des expositions, à la fois 2D et 3D, qui autrement passeraient probablement inaperçues.

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