{"id":2964,"date":"2025-12-18T18:50:15","date_gmt":"2025-12-18T16:50:15","guid":{"rendered":"https:\/\/react-culture.eu\/blog\/et-seules-les-souris-et-moi-admirons-tout-cela\/"},"modified":"2026-01-27T18:28:26","modified_gmt":"2026-01-27T16:28:26","slug":"et-seules-les-souris-et-moi-admirons-tout-cela","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/react-culture.eu\/fr\/blog\/et-seules-les-souris-et-moi-admirons-tout-cela\/","title":{"rendered":"\u00ab&nbsp;Et seules les souris et moi admirons tout cela&nbsp;\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>Texte : Anna Ochmann<\/em><\/strong> <\/p>\n\n<p><strong>Dans l&rsquo;une de ses lettres, l\u2019imp\u00e9ratrice Catherine II de Russie, d\u00e9crivant les \u0153uvres rassembl\u00e9es dans le palais d&rsquo;Hiver de Saint-P\u00e9tersbourg (aujourd\u2019hui connu sous le nom de mus\u00e9e de l&rsquo;Ermitage), \u00e9crivait avec sarcasme : \u00ab &#8230; et seules les souris et moi admirons tout cela<\/strong><strong><sup>1<\/sup> ! \u00bb<\/strong><strong>  . Deux si\u00e8cles plus tard, je citai cette phrase dans ma th\u00e8se, soutenue \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des Beaux-Arts de Cracovie. Elle avait pour titre  <\/strong><strong><em>Exhibition \u2013 between architecture, art and information (Exposer \u2013 entre architecture, art et information)<\/em><\/strong>. <strong>A cette \u00e9poque, cette phrase en apparence anodine soulevait d\u00e9j\u00e0 des questions : quel sens porte l\u2019acte de collectionner ? Quelle visibilit\u00e9 donner aux collections ? Pour quels publics ? <\/strong> <\/p>\n\n<p><strong>En me rem\u00e9morant cette situation aujourd\u2019hui, je pense \u00e0 la longue histoire de l&rsquo;exposition en tant que pratique oscillant entre l&rsquo;id\u00e9e et le concret, l&rsquo;\u00e9litisme et l\u2019\u00e9largissement des publics, la connaissance et l&rsquo;exp\u00e9rience. J\u2019ai \u00e9galement en t\u00eate le changement de paradigme concernant l&rsquo;accessibilit\u00e9, qui s\u2019entend non seulement comme l&rsquo;\u00ab ouverture (physique) des portes de l&rsquo;institution \u00bb, mais aussi, d\u00e9sormais, comme la reconnaissance de la multiplicit\u00e9 des fa\u00e7ons de percevoir l&rsquo;espace d&rsquo;exposition et d\u2019y prendre place. Cet article tente de retracer ce cheminement : de la m\u00e9fiance platonicienne envers les objets, en passant par les premi\u00e8res collections et les premiers mus\u00e9es, jusqu&rsquo;aux questions actuelles sur l&rsquo;inclusivit\u00e9, notamment en ce qui concerne les personnes neuroatypiques.  <\/strong> <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>De l\u2019id\u00e9e au concret : le paradoxe d\u2019exposer des objets<\/strong> <\/h2>\n\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;exposition en tant que pratique consistant \u00e0 collectionner, organiser et pr\u00e9senter des objets, n&rsquo;est pas un r\u00e9cit lin\u00e9aire menant du rassemblement sans but d&rsquo;objets au mus\u00e9e moderne. Ses d\u00e9buts sont marqu\u00e9s par une profonde tension philosophique au sujet de la signification de la mat\u00e9rialit\u00e9, de la repr\u00e9sentation et de la connaissance \u00e0 travers les objets. D\u00e9j\u00e0 dans la pens\u00e9e platonicienne<sup>2<\/sup>, les objets, et plus encore les \u0153uvres d&rsquo;art, sont soup\u00e7onn\u00e9s d&rsquo;\u00eatre ontologiquement secondaires : les choses ne sont que des reflets imparfaits des id\u00e9es, et l&rsquo;art, en imitant le monde sensoriel, s&rsquo;\u00e9loigne encore plus de la v\u00e9rit\u00e9, aggravant cette imperfection. En ce sens, les pratiques de collection et d&rsquo;exposition d&rsquo;objets semblent probl\u00e9matiques : au lieu de nous rapprocher de l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre, elles perp\u00e9tuent une illusion, ce qui est n\u00e9faste.    <\/p>\n\n<p>Et pourtant, des collections se constituent d\u00e8s l&rsquo;Antiquit\u00e9, notamment dans l\u2019aire g\u00e9ographique o\u00f9 s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e cette m\u00e9fiance philosophique envers les choses. Le <em>mouseion<\/em> grec, lieu d\u00e9di\u00e9 aux muses, n&rsquo;est pas seulement un espace de contemplation, mais aussi une institution d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la collection d&rsquo;objets : textes, instruments et artefacts. Le <em>Mouseion<\/em> d&rsquo;Alexandrie, avec la Biblioth\u00e8que, allie l&rsquo;ambition d&#8217;embrasser de mani\u00e8re exhaustive le savoir \u00e0 un archivage mat\u00e9riel de ses vecteurs de transmission. Collectionner des objets n&rsquo;est pas un d\u00e9ni de la hi\u00e9rarchie platonicienne des \u00eatres, mais une tentative de la contourner dans la pratique : puisque les id\u00e9es ne sont pas directement accessibles, leurs traces doivent \u00eatre collect\u00e9es.   <\/p>\n\n<p>Les rebondissements de l&rsquo;Histoire n\u2019ont pas \u00e9pargn\u00e9 les constructions antiques : le <em>Mouseion<\/em> est tomb\u00e9 en ruines, ses collections ont \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es. L&rsquo;Europe chr\u00e9tienne n\u2019a pas su cr\u00e9er des institutions similaires pendant un certain temps. De plus, au Moyen \u00c2ge, la relation entre la chose et le sens accuse une nouvelle transformation. Les cath\u00e9drales et les tr\u00e9sors des \u00e9glises deviennent des lieux d&rsquo;accumulation intense d&rsquo;objets qui ne sont pas per\u00e7us pas comme des objets esth\u00e9tiques autonomes, mais comme des vecteurs du sacr\u00e9. La cath\u00e9drale fonctionne comme une proto-exposition compl\u00e8te, r\u00e9gissant leur vision et leur sens.    <\/p>\n\n<p>La Renaissance entra\u00eene un changement fondamental dans la fa\u00e7on de penser les objets et le savoir. La r\u00e9habilitation humaniste du monde sensoriel et le d\u00e9veloppement des sciences naturelles ont favoris\u00e9 de nouvelles formes de collection, dans lesquelles les objets sont devenus des sources de connaissance. Les ateliers et les cabinets de curiosit\u00e9s rassemblent des artefacts naturels, des \u0153uvres d&rsquo;art et des objets exotiques.  <\/p>\n\n<p>C&rsquo;est la Renaissance et le d\u00e9but de la modernit\u00e9 qui ouvrent la voie aux premi\u00e8res grandes collections publiques, qui constituent le fondement du mus\u00e9e moderne. Le transfert des collections des espaces priv\u00e9s vers les espaces publics ne signifie pas seulement un acc\u00e8s plus large, mais aussi un profond changement \u00e9pist\u00e9mologique : les objets cessent d&rsquo;\u00eatre des troph\u00e9es priv\u00e9s de savoir ou de pouvoir et commencent \u00e0 fonctionner comme des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;un ordre cognitif commun, soumis aux r\u00e8gles de s\u00e9lection et d&rsquo;exposition.  <\/p>\n\n<p>L&rsquo;histoire de la pratique d\u2019exposer n&rsquo;est donc pas une histoire de pratiques organisationnelles neutres, mais une histoire de relations changeantes, entre l&rsquo;id\u00e9e et la chose, le voir et le savoir, l&rsquo;autorit\u00e9 et le public. <\/p>\n\n<p><strong>Lorsque j&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9 ma th\u00e8se, je me suis concentr\u00e9e sur la tension inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;histoire de la conception d&rsquo;expositions \u2013 de la m\u00e9fiance platonicienne envers les objets, en passant par l&rsquo;ordre sacr\u00e9 du Moyen \u00c2ge, jusqu&rsquo;aux tentatives de la Renaissance visant \u00e0 apprivoiser la mati\u00e8re comme outil favorisant la connaissance. J&rsquo;ai analys\u00e9 les aspects th\u00e9oriques et pratiques de la conception d&rsquo;expositions, sa relation avec l&rsquo;architecture et l&rsquo;information. \u00c0 la fin des ann\u00e9es 1990, cependant, la cat\u00e9gorie de l&rsquo;accessibilit\u00e9 n&rsquo;apparaissait pas dans cette r\u00e9flexion. Aujourd&rsquo;hui, cet article tente de combler cette lacune.   <\/strong> <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;accessibilit\u00e9 comme enjeu : de l&rsquo;\u00e9litisme \u00e0 la multiplicit\u00e9 des exp\u00e9riences<\/strong> <\/h2>\n\n<p>Si l\u2019histoire de la cr\u00e9ation d&rsquo;expositions repose sur l\u2019\u00e9quilibre \u00e0 trouver entre l&rsquo;id\u00e9e exprim\u00e9e et l&rsquo;objet pr\u00e9sent\u00e9, celle de l&rsquo;accessibilit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le une autre tension tout aussi fondamentale, entre ceux qui peuvent faire l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019exposition et la comprendre, et ceux qui en sont exclus. Pendant des si\u00e8cles, collectionner et exposer des objets \u00e9tait une pratique profond\u00e9ment \u00e9litiste, r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un cercle restreint d&rsquo;initi\u00e9s, culturellement, socialement et cognitivement pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 une r\u00e9ception \u00ab appropri\u00e9e \u00bb. L&rsquo;accessibilit\u00e9 \u00e9tait comprise presque exclusivement comme la possibilit\u00e9 physique de p\u00e9n\u00e9trer un espace donn\u00e9. Elle \u00e9tait \u00e9galement souvent limit\u00e9e en raison du statut, de l&rsquo;origine ou des connaissances des publics.   <\/p>\n\n<p>Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 et au Moyen \u00c2ge, l&rsquo;acc\u00e8s aux collections \u00e9tait s\u00e9lectif et hi\u00e9rarchique. Les \u201cmus\u00e9es\u201d, les tr\u00e9sors des cath\u00e9drales et les biblioth\u00e8ques des monast\u00e8res n&rsquo;\u00e9taient pas des espaces accessibles au public, mais des lieux de savoir prot\u00e9g\u00e9s. L&rsquo;accessibilit\u00e9 n&rsquo;\u00e9tait alors pas un enjeu pris en compte, et l&rsquo;exclusion faisait naturellement partie de l&rsquo;ordre mondial<sup>3<\/sup>. L&rsquo;exposition d&rsquo;objets servait \u00e0 l\u00e9gitimer le pouvoir (intellectuel, religieux ou politique) plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 partager une exp\u00e9rience de mani\u00e8re inclusive.    <\/p>\n\n<p>Le premier changement significatif dans la mani\u00e8re de consid\u00e9rer l\u2019exposition d\u2019objets se produit durant le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, avec l&rsquo;\u00e9mergence du mus\u00e9e public moderne. L&rsquo;ouverture des collections \u00e0 tous les publics, par exemple au British Museum ou au Louvre, introduit l\u2019id\u00e9e d&rsquo;accessibilit\u00e9 : chaque citoyen peut entrer dans un mus\u00e9e. Surtout, on pr\u00e9sume que tout le monde est <em>capable<\/em> de voir, de comprendre et d&rsquo;assimiler les connaissances de la m\u00eame mani\u00e8re. Cependant, cette accessibilit\u00e9 n&rsquo;est qu&rsquo;apparente : elle repose sur une conception unique de visiteur, \u00e0 savoir une personne physiquement valide, neurotypique, instruite et \u00e0 l&rsquo;aise avec les codes de la culture savante. Ceux qui s&rsquo;\u00e9cartent de ce mod\u00e8le demeurent th\u00e9oriquement \u00ab inclus \u00bb, mais sont pratiquement invisibles.     <\/p>\n\n<p>La r\u00e9flexion sur l&rsquo;accessibilit\u00e9 telle que nous la comprenons aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9merger qu&rsquo;au 20e si\u00e8cle, avec l\u2019expansion de la reconnaissance des droits humains, les mouvements d&rsquo;\u00e9mancipation et la critique de la reproduction des in\u00e9galit\u00e9s par les institutions culturelles. Le d\u00e9bat porte d\u2019abord principalement sur les barri\u00e8res physiques, et se concentre sur l&rsquo;accessibilit\u00e9 architecturale pour les personnes \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite. Au fil du temps, cependant, son champ d&rsquo;application s&rsquo;\u00e9largit consid\u00e9rablement: l&rsquo;accessibilit\u00e9 cesse d&rsquo;\u00eatre une question d\u2019infrastructures et devient un enjeu fondamental, en lien avec <em>les publics<\/em> <em>des expositions<\/em> <em>et les modes d&rsquo;exp\u00e9rience jug\u00e9s l\u00e9gitimes. <\/em>   <\/p>\n\n<p>Un changement particuli\u00e8rement significatif se produit au tournant du 21e si\u00e8cle, avec le d\u00e9veloppement de la recherche sur le handicap, la neuroatypicalit\u00e9 et les th\u00e9ories critiques remettant en question l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un public unique et universel. Dans cette optique, l&rsquo;accessibilit\u00e9 ne consiste plus seulement \u00e0 permettre d&rsquo;entrer dans l&rsquo;espace d&rsquo;exposition, mais \u00e0 reconna\u00eetre la multiplicit\u00e9 des perceptions, des mani\u00e8res de recevoir les stimulations, et des relations avec les objets. Le silence, l&rsquo;exc\u00e8s de stimuli visuels, la narration lin\u00e9aire, la pr\u00e9dominance du texte et l&rsquo;interdiction de toucher, des \u00e9l\u00e9ments, jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9vidents et, d\u2019une certaine mani\u00e8re, neutres, commencent \u00e0 \u00eatre per\u00e7us comme des choix qui excluent certains publics.   <\/p>\n\n<p>L&rsquo;accessibilit\u00e9 devient donc un outil essentiel \u00e0 la pratique d\u2019exposer, et non un simple suppl\u00e9ment. Elle nous oblige \u00e0 revoir nos pr\u00e9suppos\u00e9s : une exposition doit-elle privil\u00e9gier la vue aux autres sens ? La connaissance doit-elle \u00eatre transmise par le texte ? L&rsquo;exp\u00e9rience esth\u00e9tique n\u00e9cessite-t-elle le silence et la distance ?    <\/p>\n\n<p>En ce sens, la r\u00e9flexion contemporaine sur l&rsquo;accessibilit\u00e9 signifie que l&rsquo;exposition d&rsquo;\u0153uvres n&rsquo;est plus un acte destin\u00e9 \u00e0 un \u00ab spectateur \u00bb abstrait, mais devient un processus de n\u00e9gociation entre diff\u00e9rents besoins \u2013 diff\u00e9rents corps, esprits et fa\u00e7ons d&rsquo;\u00eatre au monde. <\/p>\n\n<p>On peut donc dire que l&rsquo;accessibilit\u00e9, comprise de mani\u00e8re large, inclusive et critique, est l&rsquo;un des chapitres contemporains les plus importants de l&rsquo;histoire de l&rsquo;exposition. Elle vise moins \u00e0 \u00e9largir les publics qu&rsquo;\u00e0 faire \u00e9voluer le concept m\u00eame de r\u00e9ception. En ce sens, l&rsquo;accessibilit\u00e9 interroge l&rsquo;avenir de l&rsquo;exposition, et la capacit\u00e9 des institutions culturelles \u00e0 abandonner l&rsquo;illusion d&rsquo;un id\u00e9al unique de perception au profit d&rsquo;un pluralisme d&rsquo;exp\u00e9riences qui, bien que different les unes des autres, sont toutes l\u00e9gitimes.   <\/p>\n\n<p><strong>Bibliographie :<\/strong> <\/p>\n\n<p>Bennett, T. (1995) <em>The Birth of the Museum: History, Theory, Politics<\/em>. London: Routledge.  <\/p>\n\n<p>Duncan, C. (1995) <em>Civilising Rituals: Inside Public Art Museums<\/em>. London: Routledge.  <\/p>\n\n<p>Eco, U. (2004) <em>Art and Beauty in the Middle Ages<\/em>. Translated by M. Olszewski. Krakow: Znak.   <\/p>\n\n<p>Findlen, P. (1994) <em>Possessing Nature: Museums, Collecting, and Scientific Culture in Early Modern Italy<\/em>. Berkeley: University of California Press. Available <a href=\"https:\/\/www.academia.edu\/55635918\/Paula_Findlen_Possessing_nature_museums_collecting_and_scientific_culture_in_early_modem_Italy_Berkeley_and_London_University_of_Califomia_Press_1996_pp_xviii_449_illus_18_95_0_525_20508_1_\">here<\/a> (18 December 2025)   <\/p>\n\n<p>Hooper-Greenhill, E. (1992) <em>Museums and the Shaping of Knowledge<\/em>. London: Routledge.  <\/p>\n\n<p>Impey, O. and MacGregor, A. (eds.) (1985) <em>The Origins of Museums: The Cabinet of Curiosities in Sixteenth- and Seventeenth-Century Europe<\/em>. Oxford: Clarendon Press.  <\/p>\n\n<p>Plato (2003) <em>The Republic<\/em>. Translated by W. Witwicki. Warsaw: PWN.   <\/p>\n\n<p>Plato (2004) <em>The Symposium<\/em>. Translated by W. Witwicki. Warsaw: PWN.   <\/p>\n\n<p>Pomian, K. (1996) <em>Collectors and Curiosities. Paris \u2013 Venice, 16th\u201318th Century <\/em>. Warsaw: PIW. <\/p>\n\n<p>Sandell, R. (2002) <em>Museums, Equality and Social Justice<\/em>. London: Routledge.  <\/p>\n\n<p>Shakespeare, T. (2014) <em>Disability Rights and Wrongs Revisited<\/em>. London: Routledge. Available <a href=\"https:\/\/www.academia.edu\/69018544\/Disability_rights_and_wrongs_revisited\">here<\/a> (18.12.2025)   <\/p>\n\n<p>Tatarkiewicz, W. (2009) <em>History of Aesthetics<\/em>, vol. 1: <em>Ancient Aesthetics<\/em>. Warsaw: PWN.   <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte : Anna Ochmann Dans l&rsquo;une de ses lettres, l\u2019imp\u00e9ratrice Catherine II de Russie, d\u00e9crivant les \u0153uvres rassembl\u00e9es dans le palais d&rsquo;Hiver de Saint-P\u00e9tersbourg (aujourd\u2019hui connu sous le nom de mus\u00e9e de l&rsquo;Ermitage), \u00e9crivait avec sarcasme : \u00ab &#8230; et seules les souris et moi admirons tout cela1 ! \u00bb . 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