Stations tactiles pour les visiteurs en situation de handicap visuel dans trois musées ethnographiques roumains

Presentation of the cultural institution

Le Musée de l’art du bois à Câmpulung Moldovenesc a été sélectionné en tant que partenaire associé par le Complexe muséal national de Moldavie de Iași, en Roumanie, membre de REACT, dès la phase de candidature du projet auprès de l’Union européenne. Plus tard, pendant la phase de mise en œuvre du projet, deux autres musées ethnographiques ont répondu positivement à notre invitation à devenir partenaires associés : Hanul Domnesc, l’Auberge Princière à Suceava, qui fait partie du musée national Bucovina de Suceava, et le musée ethnographique de Botoșani, qui est une branche du musée du județ [l’équivalent des départements français] de Botoșani.

Le Musée de l’art du bois à Câmpulung Moldovenesc, județ de Suceava

Le Musée de l’art du bois de Câmpulung Moldovenesc a pour objectif d’offrir aux visiteurs un voyage au cœur de la forêt, où les arbres sont abattus pour être ensuite transformés à des fins utilitaires ou artistiques.

En 1935, un comité a été créé par les autorités locales de l’époque, qui ont pris la décision de fonder un musée, en invitant la population locale à faire don d’objets d’importance ethnographique à cette fin. C’est ainsi que l’inauguration officielle du musée a pu avoir lieu le 1er juin 1936, grâce aux efforts conjoints d’intellectuels, de professeurs, de décideurs et de toute la communauté locale.

Il a d’abord été nommé Musée départemental d’ethnographie et des sciences naturelles, et pris place au sein de l’École des arts et métiers. Il a été réorganisé entre 1964 et 1968, et rebaptisé Musée de la culture traditionnelle du bois, le seul en Roumanie dédié à cette thématique. En 1970, le musée s’est vu attribuer de nouveaux locaux, le bâtiment de l’ancienne préfecture du județ de Câmpulung (qui fait maintenant partie du județ de Suceava). L’édifice est un monument historique, construit au début du 20e siècle.

Outils, armes, instruments, objets domestiques, instruments de musique, chars en bois (dont un datant de 400 ans), coffres de dot (vieux de plus de 250 à 350 ans), piliers et portes de maisons sculptés à la main avec des fleurs.

Le musée compte 19 salles d’exposition et une section en plein air. La section en plein air comprend deux maisons traditionnelles, l’une datant du 17e siècle et l’autre du milieu du 18e siècle.

L’Auberge Princière à Suceava, județ de Suceava

Le musée ethnographique Hanul Domnesc, “l’Auberge Princière”, à Suceava, qui fait partie du musée national Bucovina, dans le județ de Suceava, est installé dans un bâtiment dont la première mention remonte à 1627. Il s’agit alors de la demeure de Miron Barnovschi, souverain de Moldavie, qui en fait don à l’église métropolitaine de Suceava afin de la transformer en auberge. Les revenus générés doivent servir à « éclairer les reliques sacrées ». La construction est inscrite au registre des propriétés en 1786, en tant que résidence de la famille impériale des Habsbourg, qui vient y chasser. Vers la fin du 18e siècle, le bâtiment est acquis par le baron Kapri. En 1856, il apparaît sur le plan de la ville de Suceava sous le nom de Hanul Domnesc, rue Kaprigasse. Après 1918, “l’Auberge Princière” est devenue une propriété privée. Elle est passée sous la propriété de l’État en 1962. Le bâtiment a été entièrement restauré entre 1962 et 1966. Depuis 1968, il abrite le musée ethnographique.

Le musée ethnographique de Botoșani, județ de Botoșani

Le musée ethnographique de Botoșani est installé dans un bâtiment du 18e siècle qui appartenait autrefois à Manolache Iorga, grand-père de l’historien roumain Nicolae Iorga. Dans la première moitié du 20e siècle, l’édifice appartient à l’architecte en chef de la ville de Botoșani, et est connu sous le nom de Maison Saint-Georges. Les premières acquisitions pour le musée ethnographique de Botoșani ont été réalisées en 1957-1958. En 1967, une importante donation a été faite par le prêtre Dumitru Grigoraş d’Oraşeni-Deal. La collection de Maria et Nicolae Zahacinschi, qui compte plus de 1 100 objets, mérite d’être mentionnée.

Initial context

Partant du postulat que l’accessibilité des collections permanentes pour tous les visiteurs était une problématique à prendre en main, il a été décidé de chercher des solutions pour les rendre plus accessibles aux personnes ayant des besoins spécifiques.

Les premiers échanges avec les représentants des musées associés ont mis en évidence le besoin d’améliorer l’accessibilité de l’expérience muséale des personnes en situation de handicap visuel.

Key expectations

Les principaux objectifs des outils créés ont été définis comme suit :

  • faciliter la visite du musée pour les personnes non-voyantes ou malvoyantes
    • assurer leur participation et leur interaction avec les contenus de médiation
  • fournir une station tactile leur permettant d’appréhender la culture traditionnelle, afin d’améliorer leur compréhension du patrimoine naturel et culturel

Production process

Le contenu de la station tactile a été conçu et développé par l’équipe du Complexe muséal national de Moldavie de Iași (CMNM), sur la base de l’expérience acquise précédemment, tant dans le cadre du projet REACT que par l’observation directe d’autres contextes muséaux.

Le CMNM possède une expérience dans les domaines suivants :

  • développement des publics
  • conception et mise en œuvre de dispositifs de médiation culturelle pour la visite
  • création et édition de dispositifs accessibles, tenant compte des besoins spécifiques des groupes cibles

Overview of the tool

En s’appuyant sur les premiers échanges avec les partenaires associés, l’équipe du CMNM a proposé de créer un outil in situ destiné aux personnes non-voyantes et malvoyantes. Il consiste en un panneau sur lequel les visiteurs peuvent toucher des échantillons d’essences de bois, découvrir la forme des feuilles de leurs arbres, ainsi que des fils provenant de différents textiles. Chaque échantillon est accompagné d’un cartel sur lequel est inscrite une explication en braille, mais aussi en alphabet latin imprimé en relief, une solution de plus en plus populaire auprès de ce groupe cible.

Editorial approach

Le texte imprimé sur les étiquettes est disponible uniquement en roumain.

Les rangées sur lesquelles sont présentées les échantillons alternent avec les cartels.

Technical approach

Deux types de panneaux tactiles ont été conçus et livrés : l’un sur les essences de bois, l’autre sur les échantillons textiles. Leur support, d’une hauteur totale de 1,4 m, est incliné à 45° dans sa partie supérieure, afin d’être touché facilement.

Les essences de bois présentées sont le noyer, le hêtre, le cerisier, le chêne et le tilleul.

Les textiles sélectionnés sont la laine, le coton, la soie brute et le chanvre.

Dans les deux cas, le choix a été guidé par la fréquence d’utilisation de ces matériaux dans la culture traditionnelle.

Ci-dessous, l’objet final tel qu’il a été livré par l’atelier.

En raison de la texture spécifique du contreplaqué, il a été décidé de le peindre en gris foncé afin de conserver une unité esthétique à long-terme.

Ci-dessus et ci-dessous, les cartels avant impression dans un atelier spécialisé, en utilisant de l’acrylique blanc pour le fond, et de l’acrylique noire pour le texte.

Issues encountered

  • limitations techniques liées à l’espace disponible dans le musée pour installer les stations tactiles

Measures adopted

  • les panneaux ont été préparés par le CMNM et livrés prêts à l’emploi au musée associé, qui s’est chargé de déterminer leur emplacement idéal au sein des collections

Users’ feedback

Les visiteurs ont évalué les outils de manière très positive. Les panneaux tactiles, en particulier, sont attrayants pour tous les visiteurs, et pas seulement pour les malvoyants.

Conclusion

La coopération entre le CMNM en tant que partenaire de REACT et le Musée de l’art du bois en tant que partenaire associé a permis de nouer de nouvelles relations professionnelles, et de transmettre les connaissances acquises au cours du projet REACT, afin que l’accessibilité devienne progressivement la norme dans tous les musées, quels que soient leur taille et leur emplacement.

Visite sonore pour visiteurs en situation de handicap visuel : parcours “chefs-d’œuvre” en audiodescription. Musée Rodin – Paris – France

Mundaneum, Mons, Belgique